CHRONIQUE "habituelle" DES CENTRES

NOEL 2010











JOURNEE MONDIALE CONTRE LE SIDA

 

 

LA JOURNEE MONDIALE DU SIDA AUX CENTRES D’ACCUEIL DE L’ESPOIR (CAES) – EDITION 2010

 

Le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, M. Michel SIDIBE a, lors de son passage au Cameroun en Mai 2010, réitéré l’importance de la sensibilisation qui demeure en amont des politiques de lutte contre le SIDA. Les activités de sensibilisation/éducation menées par les CAES s’inscrivent dans cette exhortation et dans le Plan Stratégique National de lutte contre le Sida. Ce dernier compte durant les cinq prochaines années, renforcer la prévention de la transmission du VIH et des autres IST, renforcer l’accès aux soins et au traitement, mieux soutenir et protéger les PVVIH, renforcer l’information. Selon les déclarations officielles du Ministre de la Santé Publique, le taux de séroprévalence n’est pas stabilisé à cause de nouvelles infections encore nombreuses, enregistrées cette année. Le Cameroun serait le pays de l’Afrique Centrale le plus touché par la pandémie.

L’ONG CAES demeure de par ses activités de sensibilisation/éducation, en amont de la lutte contre le SIDA. Chaque année, dans le cadre des activités marquant la célébration de la Journée Mondiale du SIDA, les CAES organisent une campagne d’affichage public des messages éducatifs. Celle-ci est déjà inscrite dans le programme national des activités prévues par le Ministère de la Santé Publique à cet effet.

La campagne d’affichage de cette année a été marquée par l’introduction de deux nouveaux départements à savoir le département de la Lekié (Okola) et le département de la Mefou et Afamba (Nkoabang). Ceux ci viennent s’ajouter au département du Mfoundi dont nous couvrons déjà les sept (7) arrondissements et l’arrondissement de Soa. Nous avons voulu marquer la présence des CAES au sein de nos nouvelles cibles dans les localités d’Okola et de Nkoabang. C’est cette dernière qui a connu la clôture de la campagne d’affichage 2010 avec la célébration d’une messe et la bénédiction du nouveau site des filles libres délocalisées de la briqueterie. Les quinze (15) Educateurs Communautaires se sont déployées dans les différentes artères de Nkoabang pour une sensibilisation de masse à travers la pose des affiches, la distribution des condoms, fémidom, dépliants et des sensibilisations spontanées à la demande des nouvelles cibles. Le site en pleine construction va abriter les filles libres et leurs Activités Génératrices de Revenus (AGR). Des photos seront jointes pour illustrer l’état d’avancement des travaux et la messe célébrée à Nkoabang pour marquer la clôture de la campagne d’affichage édition 2010.

Le chronogramme des activités et les itinéraires de la campagne d’affichage constituent les données illustratives de l’effectivité du travail des Educateurs Communautaires. En outre, le 1er décembre 2010, les Educateurs Communautaires se sont rendus dans la localité de Soa (Zone universitaire) sur invitation du Club Santé pour appuyer les activités de sensibilisation/éducation consacrées à la célébration de la Journée Mondiale du Sida dans ladite localité.  

CHRONOGRAMME DES ACTIVITES DE LA CAMPAGNE D’AFFICHAGE (du 23 au 26 novembre)DE L’ANNEE 2010 

ACTIVITE

TACHES

Période

LIEU

RESPONSABLE

I.O.V.

OBS

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Effectuer les Formalités Administratives

Rédaction et suivi des correspondances adressées à la Communauté Urbaine de Yaoundé

 

Septembre 2010

 

Siège Nsimeyong

Equipe technique de la Cellule Suivi/Evaluation

Une autorisation de la

Communauté Urbaine de Yaoundé

 

Correspondances adressée au Ministère de la Santé Publique

 

 

Octobre 2010

 

 

Siège Nsimeyong

Equipe technique de la Cellule Suivi/Evaluation

TDR de la campagne d’affichage publique des messages éducatifs sur les IST/VIH/SIDA dans la ville de Yaoundé et ses environs (du 23 au 26 Novembre 2010)

 

Rédaction et suivi des correspondances (y joindre l’autorisation de la Communauté Urbaine de Yaoundé):

-Sous-Préfectures

-Mairies

Yaoundé I, II, III, IV, V, VI, VII, Soa , Nkol Afamba, Mfou et Okola

 

 

Septembre -octobre 2010

 

 

Siège Nsimeyong

 

 

-Equipe technique

Suivi/Evaluation

 

- Equipes EDU.COM

 

 

 

Correspondances rédigées et envoyées

 

 

 

Les EDU.COM assurent le suivi et rendent compte

- Correspondance au C.N.L.S. (copie au GTRC)

- Correspondances aux Districts de Santé

 

Octobre 2010

 

Nsimeyong

et sur site

-Cellule Suivi/Evaluation

- Equipes EDU.COM

Correspondances rédigées et envoyées

 

Les EDU.COM assurent le suivi et rendent compte

 

2. Faire l’inventaire des besoins

 

 

Lettre de transmission du Projet de budget

 

Octobre 2010

 

Nsimeyong

-Cellule Suivi/Evaluation

-Chefs d’Equipes

EDU.COM

 

Etat des besoins

 

 

3. Produire un planning d’Affichage des messages sur le terrain

 

-Identification des zones

-Production des plannings par Equipe

Septembre, Octobre Novembre 2010

Nsimeyong

 

-Cellule Suivi/Evaluation

-EDU.COM

Une cartographie des zones retenues

 

Un (01) planning produit et diffusé

 

4. Arrêter le calendrier des réunions préparatoires

-Réunions internes de mise au point

-Réunions externes (MINSANTE/C.N.L.S./G.T.R.C.)

Octobre- Novembre

2010

-Nsimeyong

 

-C.N.L.S.

 

-G.T.R.C.

-Cellule Suivi/Evaluation

-EDU.COM

- C.N.L.S.

Un (01) calendrier

 

5. Mettre à disposition les besoins identifiés

Réunion de travail au siège des « Centres d’Accueil de l’Espoir »

Avant le début de la Campagne

Nsimeyong

-Equipe de Direction

-Cellule Suivi/Evaluation

 

Matériel disponible

 

 

6. Procéder à l’Affichage au sein des communautés pauvres

- Déploiement des Equipes dans les zones retenues

- Déploiement de l’Association des filles libres à Nkoabang

Du 23 au 26 Novembre 2010

Sur site

- Equipe technique

Suivi/Evaluation

-EDU.COM

 

- Affiches placardées,

- Témoignages recueillis

 

7. Suivre et évaluer la Campagne d’Affichage

Réunion d’évaluation avec dépôt des rapports par Equipe

Décembre 2010

Nsimeyong

Cellule Suivi/Evaluation

Rapports

 

C.N.L.S : Comité National de Lutte contre le Sida

G.T.R.C  : Groupe Technique Régional du Centre

MINSANTE : Ministère de la Santé Publique

 

 

LA DIRECTRICE FONDATRICE,

 

 

Sœur Marie Thérèse Brigit MEWOULOU  

PLAN DE CAMPAGNE D’AFFICHAGE 2010

EQUIPE : « Tout est Prudence »

Yaoundé V et Soa 

PERIODE

(23, 24, 25 Novembre 2010)

ITINERAIRES

JUSTIFICATIFS

1re Journée : 23 Novembre 2010

Arrondissement de Yaoundé V à Partir de

8 heures

Axe 1Carrefour Emombo I et II – Corneillet – Dispensaire Mvog Ada – Pont de la Gare – Carrefour de la Joie Mobil Essos - Omnisport

Les éléments de vulnérabilité observés dans ces quartiers sont : la promiscuité, la prostitution, la pauvreté, le manque d’information

2e Journée : 24 Novembre 2010

Arrondissement de Soa et Yaoundé V

8 heures

Axe 2 Fokou Omnisport – Cimetière – Transformateur – Carrefour Éleveur – Carrefour Nkolf oulou Soa

Existence de plusieurs points de vulnérabilité tels que : bars, auberges, cyber café, marchés, cimetière.

3e Journée : 25 Novembre 2010

Arrondissement de Yaoundé V à Partir de

8 heures

Axe 3 Mimboman terminus – Carrefour Hotel du plateau – Carrefour lycée bilingue – Nkolmesseng – Titi Garage – Sous-préfecture de Yaoundé V – Carrefour Balla.

Cet itinéraire a été choisi à cause de l’existence de plusieurs points de vulnérabilités tels que : petits commerces, les marchés, les bars, les motos taximen, les auberges, bars dancings

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PLAN DE CAMPAGNE D’AFFICHAGE 2010

EQUIPE : « Communautés sans SIDA »

Yaoundé IV  

PERIODE

(23, 24, 25 Novembre 2010)

ITINERAIRES

JUSTIFICATIFS

1re Journée : 23 Novembre 2010

Arrondissement de Yaoundé IV

à Partir de

8 heures

Axe 1 Carrefour Essomba – BM Kondengui – Emombo 1er – Carrefour Belibi – Anguissa – carrefour IPTEC

Zones où se trouvent des petits commerces, points chauds, zones de vulnérabilité et opportunités (bars, hôtels, marchés, école)

2e Journée : 24 Novembre 2010

Zone semi urbaine, et rurale

8 heures

Axe 2 Carrefour Nkomo – Awae – Car wash – Ezazou village – Carrefour Messa mendongo – Odza dernier poteau.

Points chauds lieux où les gens se rencontrent et font des petits commerces, lieux de promiscuité, beaucoup de vulnérabilité à ces endroits. (dépôts de bois, sable et graviers…)

3e Journée : 25 Novembre 2010

Zone rurale à Partir de 8 heures

Axe 3 Carrefour sous manguier – Biteng – cafco – entrée MAETUR

Quartiers pauvres et populeux, beaucoup de vulnérabilités (bars, cybers café, hommes en tenue…)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PLAN DE CAMPAGNE D’AFFICHAGE 2010

EQUIPE : « Halte au SIDA »

Yaoundé III et VI

PERIODE

(23, 24, 25 Novembre 2010)

ITINERAIRES

JUSTIFICATIFS

1re Journée : 23 Novembre 2010

Arrondissement de Yaoundé III

à Partir de 08 heures

Axe 1 Ngoa Ekelle – Mvolyé – Efoulan – Sous-préfecture Yaoundé III – Carrefour Obobogo – Nsam

Parmi les éléments qui justifient le choix de cet itinéraire, nous avons des points chauds, les quartiers populeux pauvres, des points de vulnérabilités tels que le campus de Ngoa Ekelle, Bonamoussadi, les églises, les motels, les auberges, les dancings…

2e Journée : 24 Novembre 2010

Zone semi-urbaine

Arrondissement de Yaoundé III et VI

À partir de 08 heures

Axe 2 CAES Nsimeyong – Tam-tam week-end – Rond point Express – Sous-préfecture de Yaoundé VI – Carrefour Caca- Montée Jouvence – Mendong.

Comme éléments de vulnérabilité qui embrasent l’épidémie dans la zone, nous avons des parlements de jeunes, des points chauds tels que les matangos clubs, les bars, les supers marchés, les carrefours, les motos taximen, les stades de Football, les boîtes de nuit….

 

3e Journée : 25 Novembre 2010

Zone rurale

Arrondissement de Yaoundé VI

à Partir de 08 heures

Axe 3 Carrefour Biyemassi – Etoug Ebe – Entrée simbock – Mefou assi – Route Yaoundé/Kribi

Les éléments de vulnérabilité observés dans ces quartiers populeux et pauvres sont : la promiscuité, l’existence des milieux de prostitution tout au long de la nouvelle route Yaoundé – Kribi (auberges, restaurants, bars dancing, petits commerces divers autour des carrières, une population mixte et hétérogène)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PLAN DE CAMPAGNE D’AFFICHAGE 2010

EQUIPE : « Vainqueurs du SIDA »

Yaoundé II et Yaoundé VII 

PERIODE

(23, 24, 25 Novembre 2010)

ITINERAIRES

JUSTIFICATIFS

1re Journée : 23 Novembre 2010

Zone urbaine

Arrondissement de Yaoundé II

à Partir de 8 heures

Axe 1 Mokolo sapeur – messa – Mokolo marché – Mokolo gare routière – Mokolo Elobi - Briqueterie – Ekoudou – Ecole de police – Mairie de Tsinga – Sous-préfecture de Tsinga

Présence de plusieurs associations, plusieurs petites activités, bref beaucoup de population vulnérable

2e Journée : 24 Novembre 2010

Zone semi-urbaine et rurale

Arrondissement de t Yaoundé VII

8 heures

Axe 2 Nkolbikok – Oyom Abang – camp SONEL.

Les éléments de vulnérabilités sont la promiscuité, la prostitution due à la vente des terrains, les bars

3e Journée : 25 Novembre 2010

Zone urbaine

Arrondissement de Yaoundé II

à Partir de 8 heures

Axe 3 nouvelle route Nkolbisson – Institut Réné Graffin, carrefour Tsimi- carrefour Nkolbisson – institut catholique – paroisse de Nkolbisson – Dagobert – Sous-Préfecture Ydé VII et Mairie – Total

Comme éléments de vulnérabilités nous avons la promiscuité, le manque de logement de certaines personnes dû à l’embellissement de la ville de Yaoundé (beaucoup de populations sans domicile fixe)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PLAN DE CAMPAGNE D’AFFICHAGE 2010

EQUIPE : « Espoir et vie sans SIDA »

Yaoundé I et Okola 

PERIODE

(23, 24, 25 Novembre 2010)

ITINERAIRES

JUSTIFICATIFS

1re Journée : 23 Novembre 2010

Zone rurale

Arrondissement de Yaoundé I

à Partir de 8 heures

Axe 1 Carrefour Elig Edzoa pont, carrefour Hôpital gynéco obstétrique de Ngousso passant par les rails

Éléments de vulnérabilité et opportunités : marché, stade de football, bars, vente de bili bili, marécage, rails. Points chauds : marchés

 

2e Journée : 24 Novembre 2010

Zone urbaine

Arrondissement de Yaoundé I

8 heures

Axe 2 Axe carrefour hôpital gynéco obstétrique de ngousso, carrefour sorcier, dispensaire manguier

. Éléments de vulnérabilité et opportunités : depôt de gravier, garage et laverie de voitures, bars, pharmacies, écoles, églises, hôpitaux. points chauds : carrefour sorcier, carrefour beignets

3e Journée : 25 Novembre 2010

Zone rurale

Arrondissement d’Okola

à Partir de

8 heures

Axe 3 Axe dépôt de bois de Leboudi, entrée carrière (barrière de la mairie)

Éléments de vulnérabilité et opportunités : depôt de bois, dépôt de sable, centres de santé, écoles. points chauds : dépôt de bois

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CAMPAGNE D’AFFICHAGE 2010

SPECIAL NKOABANG

 

Journée de clôture

 

Avec la participation des Equipes d’Educateurs Communautaires des CAES (« Tout est Prudence », «Halte au SIDA », « Communauté sans SIDA », « Vainqueurs du SIDA », « Espoir et Vie sans SIDA »).

4E JOURNEE : 26 NOVEMBRE 2010

ITINERAIRES

JUSTIFICATIFS

Sous la supervision de la Révérende Sœur Directrice – Fondatrice, les quinze (15) Educateurs Communautaires des Centres d’Accueil de l’Espoir, répartis en cinq (05) Equipes travailleront en synergie le 26 Novembre 2010 à Nkoabang, appuyés par les communautés et les Autorités locales Administratives, traditionnelles et religieuses.

* Objectif : Diffuser les messages à partir des affiches posées pour conscientiser et sensibiliser les populations rurales de la localité sur la prévention des IST/VIH/SIDA.

* Lieu : Nkoabang, banlieue de Yaoundé et les environs.

* Heure de début de l’activité : 08 heures au carrefour Nkoabang

heures de clôture : 12 heures au site de Nkolo III

Point de départ : carrefour Nkoabang

Itinéraire N° 1 : Equipe « Tout est Prudence »

Du carrefour Nkoabang vers Yaoundé jusqu’au lieu dit 10e arrêt.

Itinéraire N° 2: Equipe « Communautés Sans SIDA »

Du carrefour Nkoabang vers Mimboman Ecole Publique

Itinéraire N° 3 : Equipe « Halte au SIDA»

Du carrefour Nkoabang vers le village Ba’aba

Itinéraire N° 4 : Equipe « Vainqueurs du SIDA »

Du carrefour Nkoabang vers Nkolo III

Itinéraire N° 5: Equipe « Espoir et Vie Sans SIDA »

Du carrefour Nkoabang vers Nkolafamba

NB : Point de ralliement de toutes les Equipes : Site de Nkolo III (activité d’accompagnement des filles libres) à 12 heures..

Les éléments qui justifient le choix de la localité pour cette campagne d’affichage sont :

  • La mise en exergue de l’activité d’accompagnement de Nkolo III (reconversion des filles libres) .

  • L’existence de plusieurs points de vulnérabilité ;

  • L’urbanisation galopante ;

  • L’existence de plusieurs points chauds tels que : les boîtes de nuit, les auberges, les motels, les ventes à emporter, les petits commerces à l’étalage, les kiosques, les ventes de beignets, les cafeterias, les cybercafés, les écoles, les églises, les stades de football et le carrefour Nkoabang transit des camionneurs.




Entrevue avec la directrice

LE CENTRE D'ACCUEIL DES ENFANTS ORPHELINS

" A l'origine du Centre, nous avions décidé de prendre des enfants âgés de 5 à 12 ans. Or, la réalité est tout autre ! Nous ne tenons pas toujours compte de la règle adoptée. Selon la gravité des cas rencontrés, nous nous chargeons aussi des bébés ; nous ne pouvons pas les laisser vivre dans des conditions de vie incertaines. " Parfois, les enfants sont malades dès leur naissance, ou alors, c'est la maman, qui déjà très affaiblie ne peut pas s'en occuper comme il se doit. Dans ces cas-là, Sur Brigit n'hésite pas à agir : " Nous les prenons au Centre tout en cherchant une solution pour les placer rapidement. " Or, dans la mesure du possible, les enfants malades sont suivis avec leurs parents malades à domicile. De nombreux bébés naissant séropositifs, il arrive souvent que les couples découvrent qu'ils sont malades lors d'une naissance. 
Les enfants du Centre de l'Espoir sont des orphelins du sida, mais ils sont séronégatifs. " Nous tenons avant tout à leur épanouissement malgré leur statut d'orphelins. C'est pourquoi nous ne mélangeons pas les malades et les non-malades ; nous ne voulons pas leur imposer des choses tristes. " 
Le nombre d'enfants fluctue alors que le Centre ne dispose que de 35 places. Mais les pressions qui viennent des quartiers obligent parfois Sur Brigit et ses collaborateurs à prendre des tout petits qui sont alors à 2 ou 3 par lit. En réalité, le nombre d'enfants au Centre varie entre 30 et 43, selon les solutions trouvées pour eux. Car il faut préciser que le but du centre est de chercher avant tout à réinsérer les enfants dans un cadre familial. Ils sont là pour un temps limité d'environ deux ans, car d'autres, comme eux, sont dans le besoin. " Nous nous occupons de 2 catégories d'enfants ; ceux du Centre et ceux vivant dans les quartiers. Les enfants admis au Centre sont d'un degré d'indigence s'élevant à plus de 50%. C'est l'enquête des assistants sociaux, basée sur plusieurs critères, qui nous renseignent ; perte d'un ou des 2 parents, situation financière de la famille, etc. En gros, les enfants admis au Centre sont en situation particulièrement précaire nécessitant une prise en charge urgente. Quant à ceux des quartiers, même s'ils sont dans une extrême misère, ils ont au moins un toit, et les éducateurs du quartier peuvent les suivre à domicile. "

Les enfants du Centre se rendent à l'école publique, située à 500 m. " Nous collaborons avec l'assistante sociale de l'arrondissement. C'est elle qui se charge de faire admettre les nouveaux enfants à l'école en négociant avec les directeurs de l'établissement. " 

Pour le placement des enfants en familles d'accueil, le Centre fait appel aux associations d'Eglise. " Or, ce n'est pas parce qu'une famille sollicite un enfant qu'elle l'obtiendra systématiquement ; nous faisons d'abord une enquête de moralité afin de connaître ses motifs profonds. Il nous faut savoir pourquoi elle veut un enfant ; si c'est pour combler une solitude, avoir " un boy " à demeure ou si c'est vraiment pour le bien de l'enfant. C'est pourquoi, nous profitons de la période des vacances pour placer des enfants dans ces familles demandeuses. Au retour, l'enfant vient nous raconter comment il vivait, sans rien cacher de ce qui se passait ; c'est un très bon test pour nous". 
Auparavant, il y avait beaucoup de familles d'accueil. Or, aujourd'hui, peu sont épargnées par l'endémie qui fait des ravages dans le pays. Il est courant que des familles aient plusieurs de leurs enfants malades. " Il nous arrive de trouver des parents prêts à prendre la relève, mais ils se désistent au dernier moment car ils sont eux aussi touchés par la maladie. " 

SUR LE TERRAIN

Depuis 1994, le Centre a toujours formé des éducateurs bénévoles sur le tas. Or, dans la pauvreté, le bénévolat survit difficilement. Après 6 mois, sur 25 personnes formées, il n'en restait plus que dix, et ainsi de suite. Dès lors, tout était à refaire. " On travaillait, mais on ne voyait pas les résultats, faute d'un suivi de la part des éducateurs bénévoles. "
Or, une association luxembourgeoise a bien voulu accepter de former et rétribuer 15 personnes durant 5 ans. " Cela va considérablement nous aider pour le travail de terrain ; ce sont des camerounais non malades et de toute tendance religieuse. Nous collaborons aussi avec des personnes affectées et infectées par le VIH/sida, surtout lors des programmes de sensibilisation et des visites à domicile ; rien ne vaut les témoignages pour convaincre "
Les quartiers sont organisés en antennes et les éducateurs formés sur le tas les connaissent parfaitement bien. A ce titre, ils détectent plus facilement les problèmes de ces microcosmes et trouvent toujours des bonnes volontés qui peuvent y travailler après eux. Entre autres tâches, 22 pairs éducateurs formés mènent une sensibilisation de proximité. Chacun d'eux dirige 87 causeries éducatives programmées, soit 1914 causeries, et 75 à la demande de la population ; 1989 causeries ont été réalisées au total pour 2001 dans les quartiers, touchant en moyenne 20 personnes d'un coup. " Cela favorise la mise en confiance des gens qui viennent ensuite me parler. Certains d'entre eux avouent avoir les symptômes décrits dans nos explications. Auparavant, ils se taisaient par peur. Aujourd'hui, nous sommes sollicités par des groupes ou des familles qui souhaitent participer à ces causeries. D'autres personnes viennent d'elles-mêmes nous trouver. Dans son ensemble, ce système nous permet de déceler de nombreux malades et d'agir en conséquence ; c'est un grand pas en avant. " 

UNE JOURNEE AU CENTRE

Soeur Brigit se lve vers 5h00 du matin et se rend la messe. Ensuite, viennent les diffrentes tâches auxquelles elle se dvoue corps et âmes. Elle s'occupe des enfants du Centre, de ceux de l'extrieur, elle rend visite aux familles, elle emmne des patients l'hôpital, elle rgle des problèmes urgents et divers,. Bref ! Elle ne manque pas d'occupations et les journées de 15 heures de travail sont monnaie courante pour elle. " Heureusement, nous sommes très bien organisés et pour cela, je tire mon chapeau à notre conseil d'administration ; il est composé de laïcs qui s'impliquent énormément et qui savent organiser mon travail au Centre et au-dehors. Mon nom est en avant car je suis la fondatrice du Centre, mais nous sommes avant tout une équipe pluridisciplinaire soudée et efficace ! "

ENCOURAGEMENTS BIENVENUS...

En premier lieu, Soeur Brigit et ses collaborateurs ont besoin d'appui moral. " Si nous sommes encouragés pour notre travail, c'est déjà beaucoup, car nombreuses sont les personnes qui ne savent même pas ce que nous accomplissons au Centre ou sur le terrain. Il n'y a pas longtemps, j'ai rencontré un de mes professeurs du lycée, un intellectuel proche de la retraite qui m'a tenu ce discours : - Nous sommes en 2002, ma Sur ; votre histoire, là le sida, ça existe vraiment ? - Lui, il enseigne aux enfants et il n'a même pas connaissance de ce problème d'envergure ! Alors oui, nous avons besoin d'un soutien moral et d'encouragements à ce que nous entreprenons pour lutter contre ce fléau ". Bien entendu, le soutien matériel compte beaucoup, il est même essentiel. " Nous aimerions surtout être assurés d'un futur concernant les personnes formées. Que se passerait-il si elles venaient à nous quitter ? Quel serait l'avenir de notre association ? " 

Pour cela, Soeur Brigit et son équipe souhaiteraient qu'en chaque fin d'année soit établi un véritable bilan permettant de visualiser les résultats obtenus par leurs actions ; par exemple, il indiquerait le nombre de malades suivis, l'évolution personnelle et l'état de chacun d'eux etc. " Cela n'est réalisable qu'avec la prise en charge des éducateurs, car sans eux, il est impossible de faire du bon travail. Mais au niveau du Centre, et grâce à PVA, ça va ; les éducateurs sont payés chaque mois et le travail s'exécute parfaitement bien ! " 

...MEDICAMENTS AUSSI !

" Nous recevons des médicaments de la part de petites associations qui organisent des ramassages ; nous bénéficions ainsi du solde des traitements de personnes décédées ou en changement de thérapie, etc. De plus, nous avons la chance que Air France et l'association Aviation Sans Frontières se chargent de nous faire parvenir ces cargaisons gratuitement. La plupart de ces traitements et autres antibiotiques nous parviennent déjà entamés. C'est une équipe d'infirmiers qui les trie, les répertorie avant que nous puissions les distribuer de manière efficace, sécurisée et dans leur intégralité. Nos familles sont démunies et notre association ne possède pas de fonds spécifique. 
Néanmoins, quand l'urgence le réclame, nous achetons nous-mêmes les médicaments qui font défaut. Par ailleurs, nous ne sommes pas médecins ; alors, nous accompagnons nos malades chez ceux qui nous connaissent très bien. Il faut savoir que c'est très difficile pour les gens de se rendre à l'hôpital. S'ils viennent seuls, on ne les prend pas au sérieux et on les laisse là, sans soins 
Mais quand c'est quelqu'un comme moi qui les accompagne, on nous reçoit rapidement ! Selon la prescription médicale du médecin, je lui soumets la liste des médicaments en notre possession afin qu'il dise s'il en est un qui pourrait convenir. C'est lui uniquement qui décide des traitements. "

Extrait dun interview donné à PVA Genève



Dans le quotidien, grer l'imprvu...





Ce dernier trimestre 2004, Romain souffre dintenses douleurs. Le chirurgien prescrit 3 examens : bilan de sang complet, radio, échographie.
Lenfant a une appendicite et souffre dune hernie. Il faut opérer.
Avant lopération, on nous demande de " courir " après le consentement dune hypothétique famille pour les permissions dopérer.
Des recherches permettront de trouver une tante de lenfant dans un village à près dune centaine de kilomètres de Yaoundé

Lopération sest bien déroulée.

Lenfant a été suivi par les encadreurs des Centres et la tante restée à la suite de ce problème.
Les dépenses engagées ont été de lordre de 800 Euros. Sûr que ce nest pas à la portée de nimporte quelle famille !

Ce cas de figure montre les défis auxquels nous sommes confrontés au-delà de budgets serrés.
Une occasion de plus de faire appel à toutes les bonnes volontés pour accompagner notre initiative désireuse de réduire limpact socio-économique du Sida.
Dap. Sr Louise
ducatrice aux CAES

Illustrations :
1- Etat du centre au moment de son acquisition par l'association
2- dans la banlieue de Yaound, Sr Brigit en compagnie de 2 jeunes pre et mre sropositifs, aujourd'hui tous deux dcds, laissant 7 jeunes orphelins avec leur grand-mre
4/5/6 - Opration de Romain
 
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